Personnage abstrait représentant le monde intérieur, les émotions et ce qui existe en soi

Ce qui existe en moi : reconnaître son monde intérieur

Il nous arrive de répondre oui alors que quelque chose en nous voudrait dire non.

Nous sourions, mais une tension reste présente.

Nous poursuivons notre journée comme si tout allait bien, alors qu’une parole continue de résonner en nous.

À d’autres moments, un élan apparaît sans que nous sachions encore où il veut nous conduire. Une idée nous enthousiasme. Une rencontre nous touche. Un lieu nous apaise immédiatement.

Tout cela existe en nous avant même que nous ayons trouvé les mots pour l’expliquer.

Notre monde intérieur ne se limite pas à ce que nous pensons connaître de nous-mêmes. Il est fait d’émotions, de sensations, de souvenirs, de désirs, de résistances, d’intuitions et de ressources qui ne se montrent pas toujours au même moment.

Apprendre à reconnaître ce qui existe en nous ne consiste pas à tout analyser.

C’est commencer par ne plus détourner le regard.

Un monde intérieur en mouvement

Nous pensons.

Nous ressentons.

Nous imaginons.

Nous nous souvenons.

Ces mouvements se croisent constamment.

Une pensée peut déclencher une émotion. Une émotion peut réveiller un souvenir. Une sensation physique peut nous avertir avant même que nous ayons compris ce qui se passe.

Le corps participe pleinement à cette expérience.

La gorge se serre lorsque nous retenons une parole.

Le ventre se contracte devant une situation qui nous inquiète.

La respiration devient plus libre lorsque nous nous sentons à notre place.

Ces réactions ne donnent pas toujours une réponse définitive. Elles nous renseignent néanmoins sur ce qui est présent.

Notre vie intérieure ne parle pas uniquement avec des phrases. Elle s’exprime aussi par des tensions, des élans, des images et des mouvements presque imperceptibles.

Prêter attention à ces signes ne signifie pas leur donner systématiquement raison. C’est simplement reconnaître qu’ils font partie de ce que nous vivons.

Nous sommes faits de contradictions

Nous pouvons aimer quelqu’un et avoir besoin de distance.

Désirer un changement et craindre ce qu’il va bouleverser.

Être heureux pour une personne tout en ressentant une pointe d’envie.

Avoir confiance dans un projet et douter le lendemain.

Ces contradictions ne prouvent pas que nous sommes incohérents. Elles révèlent que plusieurs besoins peuvent coexister en nous.

Une part souhaite avancer.

Une autre cherche à nous protéger.

Une part veut être reconnue.

Une autre redoute de se montrer.

Chercher à éliminer immédiatement l’une de ces voix crée souvent davantage de tension. Les reconnaître permet de comprendre ce qu’elles défendent.

Nous n’avons pas besoin de choisir trop vite entre elles.

Nous pouvons les écouter avant de décider laquelle doit orienter notre action.

Ce que nous préférons ne pas voir

Certaines dimensions de nous-mêmes sont faciles à accueillir.

Nous acceptons volontiers notre générosité, notre créativité ou notre sensibilité.

Il est plus difficile de reconnaître notre colère, notre jalousie, notre besoin de contrôle ou notre désir d’être admiré.

Nous avons appris à considérer certaines émotions comme mauvaises ou honteuses. Nous tentons alors de les repousser, de les justifier ou de les dissimuler.

Pourtant, ce que nous refusons de reconnaître ne disparaît pas.

Cela peut revenir sous la forme d’une réaction excessive, d’un jugement répété ou d’une irritation dont nous ne comprenons pas l’intensité.

Reconnaître une émotion ne signifie pas lui obéir.

Admettre notre colère ne nous oblige pas à blesser quelqu’un. Reconnaître notre jalousie ne fait pas de nous une mauvaise personne.

Une émotion peut devenir une information.

La colère signale parfois qu’une limite a été franchie.

La jalousie peut révéler un désir que nous n’osons pas encore assumer.

La peur peut indiquer un danger réel, mais aussi l’importance que nous accordons à ce que nous sommes sur le point d’entreprendre.

Regarder ces parts avec honnêteté nous rend plus responsables de la manière dont nous agissons.

Ce qui existe en nous n’est pas seulement une blessure

L’introspection est souvent associée aux difficultés du passé.

Mais notre monde intérieur contient également tout ce qui nous soutient.

Il y a notre capacité à recommencer après un échec.

Notre manière de créer du lien.

Les valeurs auxquelles nous restons fidèles.

Les connaissances acquises sans avoir remarqué leur importance.

Il y a aussi les plaisirs qui nous ramènent à nous-mêmes : marcher, écrire, cuisiner, contempler le ciel, écouter de la musique ou partager un moment simple.

Nous possédons parfois des qualités que nous reconnaissons plus facilement chez les autres que chez nous.

Une personne peut se croire fragile alors qu’elle traverse depuis des années des situations qui demandent une grande force.

Une autre pense manquer de créativité parce qu’elle ne peint pas et n’écrit pas, alors qu’elle invente chaque jour des solutions nouvelles.

Nos ressources deviennent plus accessibles lorsque nous commençons à les nommer.

Qu’est-ce qui existe déjà en moi et que je ne reconnais pas encore à sa juste valeur ?

Carnet d’exploration intérieure avec le symbole Dis-Moi pour observer ce qui est présent en soi

Écouter sans tout expliquer

Nous n’avons pas besoin de comprendre immédiatement l’origine de chaque émotion.

Certaines choses demandent simplement à être ressenties et reconnues.

Nous pouvons nous arrêter un instant et constater :

Je sens une résistance.

Cette situation me donne de l’élan.

Je suis touché plus profondément que je ne l’imaginais.

Quelque chose en moi demande du repos.

Cette attention simple crée un espace entre ce qui apparaît et notre réaction.

Elle nous permet de ne plus agir uniquement par automatisme.

Peu à peu, nous apprenons à distinguer une peur ancienne d’un danger présent, un désir profond d’une envie passagère, une intuition calme d’une inquiétude insistante.

Cette reconnaissance demande de l’honnêteté, mais aussi de la douceur.

Nous pouvons voir clairement ce qui existe en nous sans nous juger à chaque découverte.

Qu’est-ce qui est présent en moi, maintenant ?

Il n’est pas nécessaire de trouver immédiatement une explication. Le simple fait de reconnaître ce qui est là peut déjà changer notre manière de l’accueillir.

Une pensée à garder

Tout ce qui apparaît en nous ne définit pas qui nous sommes.

Une émotion traverse.

Une pensée change.

Une contradiction peut se résoudre ou nous révéler un besoin plus profond.

Accueillir ce qui existe en nous ne signifie pas tout accepter ni tout suivre.

C’est nous donner la possibilité de regarder avant de choisir.

Ce que nous reconnaissons intérieurement cesse progressivement d’agir entièrement dans l’ombre.

Cela devient une part de notre expérience avec laquelle nous pouvons dialoguer, évoluer et avancer.

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