Personne face à plusieurs chemins colorés symbolisant les repères du mental et l’exploration de nouvelles possibilités.

Traverser les barrières mentales pour laisser la conscience explorer

Nous cherchons souvent à comprendre ce qui nous arrive en réfléchissant davantage. Nous revenons sur une situation, nous comparons, nous essayons de trouver ce qui nous échappe.

Cette façon de faire nous est utile. Elle nous permet de nous appuyer sur ce que nous connaissons déjà.

Mais certaines questions résistent. Nous pouvons y penser longtemps sans vraiment avancer. Comme si nos propres repères, si précieux pour comprendre le monde, devenaient parfois les limites de ce que nous pouvons explorer.

Que se passe-t-il alors si nous cessons un instant de chercher une réponse pour simplement observer ce qui apparaît ?

Le mental : un repère nécessaire pour comprendre le monde

Le mental nous accompagne dans presque tout ce que nous faisons. Il nous permet de reconnaître une situation, de retrouver une information ou de nous orienter à partir de ce que nous avons déjà vécu.

Reconnaître ce que nous avons déjà rencontré

Un visage, un lieu, une sensation peuvent immédiatement réveiller quelque chose de familier. La mémoire relie ce que nous vivons maintenant à ce que nous avons déjà rencontré.

Nous n’avons pas besoin de tout redécouvrir à chaque instant.

Comparer pour mieux nous situer

Lorsque quelque chose de nouveau apparaît, nous le rapprochons naturellement de ce que nous connaissons.

Cela ressemble-t-il à une expérience passée ? Est-ce familier, différent, agréable, inquiétant ?

Ces comparaisons nous donnent rapidement un point de repère.

Apprendre, retenir et construire de nouveaux repères

Nos expériences viennent ensuite enrichir ce paysage.

Ce qui demandait autrefois de réfléchir peut devenir familier. Ce que nous découvrons aujourd’hui rejoint ce que nous connaissons déjà et pourra nous servir demain.

Le mental nous permet ainsi de nous situer dans le monde.

Mais nos repères ont une particularité : ils nous permettent de reconnaître ce que nous connaissons. Ils ne nous montrent pas nécessairement ce que nous n’avons pas encore exploré.

Quand nos repères deviennent des barrières

Nos repères nous permettent d’avancer sans devoir tout réapprendre. Mais ils influencent aussi la manière dont nous accueillons ce que nous ne connaissons pas encore.

Nous regardons naturellement le nouveau à travers ce que nous connaissons

Face à une situation inconnue, nous cherchons spontanément quelque chose de familier. Une expérience passée, une explication, une ressemblance.

C’est ainsi que nous commençons à comprendre. Mais c’est aussi ainsi que le nouveau peut rapidement être ramené vers l’ancien.

« Je sais », « je ne sais pas », « c’est impossible »

Quelques mots peuvent suffire à fermer une possibilité.

« Je sais déjà. » « Je ne sais pas faire. » « Ça n’a aucun sens. »

Le repère devient alors une frontière. Nous ne décrivons plus seulement ce que nous connaissons : nous commençons à décider, à partir de lui, ce qui mérite encore d’être exploré.

Peut-on découvrir quelque chose de nouveau sans quitter momentanément le connu ?

Explorer demande parfois d’accepter de ne pas savoir immédiatement où l’on va.

Il ne s’agit pas d’oublier nos repères, mais de leur laisser momentanément moins de place.

Car une découverte commence précisément là où quelque chose n’est pas encore connu.

Pourquoi faisons-nous autant d’efforts pour trouver une réponse ?

Lorsqu’une réponse nous échappe, notre premier réflexe consiste souvent à chercher davantage. Nous réfléchissons, comparons, analysons, avec l’idée qu’un effort supplémentaire finira par nous conduire quelque part.

Mais cet effort possède une particularité : nous cherchons généralement à partir de ce que nous connaissons déjà.

Plus nous cherchons, plus nous utilisons ce que nous connaissons déjà

Le mental a besoin de repères. Face à une question, il parcourt naturellement ce qu’il connaît : souvenirs, expériences, raisonnements, explications.

Il cherche ainsi une réponse, mais aussi un endroit connu depuis lequel il pourra la comprendre.

La conscience, telle que nous l’envisageons ici, fonctionne autrement : elle peut explorer sans disposer à l’avance du repère qu’elle va rencontrer.

Quand réfléchir davantage ne nous fait plus avancer

Le mental peut alors revenir plusieurs fois au même endroit.

Une réponse entraîne une nouvelle question. Une possibilité rencontre une objection. Nous avançons un peu, puis retrouvons une limite familière.

Ce n’est pas nécessairement que nous manquons de réflexion. Nous pouvons simplement être en train d’explorer l’inconnu sans réellement quitter nos repères habituels.

Et si l’effort faisait parfois partie du problème ?

Le non-connu contient une difficulté particulière : nous n’avons précisément aucun repère pour savoir ce que nous allons y rencontrer.

Le mental peut alors chercher à retrouver de la sécurité en multipliant les questions, les vérifications ou les raisons de ne pas poursuivre.

Plus nous essayons de résoudre cette difficulté par l’effort mental, plus nous pouvons renforcer ce besoin de contrôle.

Le problème n’est donc peut-être pas de manquer d’effort.

Il est parfois de demander au mental de nous conduire précisément là où il ne possède encore aucun repère.

Traverser une barrière mentale ne signifie pas combattre le mental

Une barrière apparaît lorsque nous arrivons à la limite de nos repères. Nous pouvons alors chercher à la faire disparaître, à la comprendre ou à la dépasser par l’effort.

Mais traverser demande parfois autre chose : continuer malgré ce qui résiste.

Une limite peut être présente sans nous arrêter

« Ça n’a aucun sens. » « Je ne comprends pas. » « Je ne sais pas où cela mène. »

Ces pensées peuvent être présentes sans mettre fin à l’expérience.

Nous pouvons les entendre et poursuivre. La limite existe toujours, mais elle ne décide plus nécessairement de la suite.

Nous n’avons pas toujours besoin de comprendre avant d’expérimenter

Nous comprenons souvent après avoir fait.

Un geste inconnu devient familier en le répétant. Une sensation devient reconnaissable en la rencontrant plusieurs fois. Une expérience peut ainsi commencer avant que nous sachions l’expliquer.

Le mental trouvera peut-être ses repères plus tard.

Traverser, c’est continuer jusqu’à ce que notre relation à la difficulté change

Au début, quelque chose peut demander beaucoup d’attention. Puis un rythme apparaît. Ce qui semblait difficile devient plus familier et demande moins d’effort.

La difficulté n’a pas forcément disparu. C’est notre manière de la rencontrer qui a changé.

Et lorsqu’il devient moins nécessaire de chercher, de contrôler ou de comprendre, un autre espace peut apparaître.

Femme les yeux fermés entourée de paysages intérieurs, illustrant la conscience et une autre manière de regarder ce qui apparaît.

Qu’appelons-nous la conscience ?

Définir la conscience est difficile. Nous savons que nous faisons l’expérience du monde, de nos pensées et de nos sensations. Mais dès que nous essayons de saisir ce qui, en nous, fait cette expérience, les mots deviennent moins évidents.

La conscience pourrait être envisagée comme un regard, mais un regard particulier.

Non pas seulement un regard tourné vers l’extérieur, mais une présence dans laquelle le monde, une pensée, une sensation ou même le sentiment d’être soi peuvent être remarqués.

La conscience comme un regard

Je peux regarder un paysage, entendre un son ou ressentir une sensation.

Mais je peux également remarquer une pensée qui vient d’apparaître.

Quelque chose d’étrange se produit alors : si je peux observer cette pensée, la pensée n’est pas tout ce qui est présent à cet instant. Il y a aussi cette capacité à remarquer qu’elle est là.

La conscience pourrait commencer ici : dans cette présence à ce qui est vécu.

Elle ne serait pas seulement ce que nous regardons, mais aussi ce depuis quoi nous regardons.

Nous pouvons l’éprouver sans savoir exactement ce qu’elle est

Nous pouvons constater que nous sommes conscients sans être capables de définir précisément la nature de cette conscience.

Et la difficulté est peut-être inévitable : chercher à comprendre la conscience uniquement avec le mental revient à utiliser nos repères pour essayer de saisir ce qui permet justement de les observer.

Nous pouvons examiner une pensée, un souvenir, une émotion. Mais lorsque nous cherchons ce qui est conscient de tout cela, nous ne trouvons plus aussi facilement quelque chose que nous pouvons placer devant nous et définir.

Cela ne signifie pas que la conscience soit inaccessible. Peut-être faut-il simplement accepter qu’elle puisse aussi s’explorer depuis l’expérience que nous en faisons, et pas seulement depuis l’explication que nous essayons d’en donner.

Une présence qui n’a pas besoin de savoir avant de regarder

Le mental dispose de repères pour reconnaître, comparer et comprendre.

La conscience, elle, peut être présente avant que ces repères existent.

Elle n’a pas nécessairement besoin de savoir ce qu’est une chose pour constater qu’elle est là. Elle peut demeurer devant l’inconnu sans devoir immédiatement le transformer en quelque chose de connu.

Nous ne savons pas pour autant jusqu’où s’étend cette conscience, ni même si elle peut être entièrement définie. Mais nous pouvons partir de ce que nous éprouvons : quelque chose en nous peut être présent à une expérience avant même que nous sachions l’expliquer.

Et c’est peut-être là que se trouve la différence essentielle pour notre exploration :

Le mental cherche naturellement un repère ; la conscience peut rester présente là où aucun repère n’existe encore.

Qu’est-ce que la conscience peut explorer ?

Si la conscience peut rester présente là où nous n’avons pas encore de repère, elle peut aussi porter son attention vers ce qui n’est pas encore clairement formulé.

Ce que nous ressentons sans encore pouvoir le nommer

Nous pouvons sentir qu’une situation nous attire, nous dérange ou nous questionne sans savoir pourquoi.

Une sensation, une impression ou un mouvement intérieur peuvent être présents avant leur explication. Les observer permet déjà de leur laisser une place.

Ce qui apparaît lorsque nous cessons momentanément de chercher

Lorsque nous cherchons moins directement une réponse, autre chose peut émerger : une image, un souvenir, une association inattendue, parfois simplement une direction.

Nous ne savons pas encore ce que cela signifie. Et justement, nous n’avons pas besoin de le savoir immédiatement.

Une réponse doit-elle forcément commencer par des mots ?

Nous imaginons facilement qu’une réponse doit être formulée pour exister.

Pourtant, nous pouvons parfois sentir une direction avant de pouvoir l’expliquer. Quelque chose devient plus clair sans qu’une phrase soit encore disponible.

Les mots pourront venir ensuite.

Entre la question et la réponse existe peut-être un espace où quelque chose peut d’abord être exploré.

Être attentif sans faire l’effort d’être attentif

Nous associons facilement l’attention à un effort : rester concentré, ne pas bouger, ne pas penser à autre chose.

Pourtant, lorsque quelque chose nous intéresse réellement, nous pouvons rester attentifs sans avoir l’impression de maintenir quoi que ce soit.

Pourquoi l’attention devient-elle parfois inconfortable ?

Il suffit parfois de demander à quelqu’un de se concentrer pour voir apparaître l’effort.

Le regard se fixe. Le corps bouge. Un pied s’agite. La personne essaie à la fois de rester là et de résister à l’envie d’en sortir.

L’attention devient alors quelque chose qu’il faut tenir.

Nous ne restons pas longtemps là où nous ne sommes pas bien

Lorsqu’un endroit devient inconfortable, nous cherchons naturellement à changer de position ou à partir.

L’attention peut suivre le même mouvement.

Si rester attentif demande continuellement de lutter contre soi-même, regarder ailleurs, bouger ou penser à autre chose peut devenir une manière de retrouver un peu d’espace.

Orienter son attention plutôt que la retenir

Nous pouvons essayer autre chose : donner à l’attention une direction sans lui demander d’y rester de force.

Regarder quelque part. Suivre quelque chose. Revenir lorsque l’attention s’éloigne.

Peu à peu, l’effort peut diminuer tandis que l’attention reste présente.

Elle n’est plus retenue. Elle dispose simplement d’un endroit où revenir.

Que se passe-t-il lorsque le mental n’a plus rien à résoudre ?

Une tâche nouvelle demande d’abord de comprendre ce qu’il faut faire. Nous observons, nous essayons, nous vérifions le résultat. Puis, à mesure que le geste devient familier, quelque chose change.

Nous continuons à agir, mais nous avons de moins en moins besoin d’y penser.

Une tâche peut devenir simple sans devenir inutile

Nous connaissons tous des gestes que nous accomplissons presque naturellement. Marcher, écrire, suivre un chemin connu ou effectuer un mouvement répété ne mobilisent plus la même attention qu’au début de l’apprentissage.

Le geste continue pourtant d’exister.

Il occupe une place, donne une direction, maintient un rythme, sans demander continuellement : comment dois-je faire ?

Répéter jusqu’à ne plus avoir besoin de chercher

La répétition crée rapidement un repère.

Lorsqu’un geste très simple produit chaque fois le résultat attendu, le mental n’a plus grand-chose à résoudre. Il sait ce qui va se passer.

Un cycle peut alors recommencer quelques secondes plus tard.

Le geste reste présent, mais l’effort nécessaire pour l’accomplir diminue.

Pendant que le mental fait cela, que devient le reste ?

C’est ici qu’une question inhabituelle apparaît.

Si une partie de notre attention suit tranquillement un geste qu’elle connaît déjà, sommes-nous entièrement occupés par ce geste ?

Nous pouvons griffonner tout en écoutant quelqu’un. Marcher tout en laissant venir une idée. Effectuer un mouvement familier pendant qu’autre chose se déroule intérieurement.

Peut-être existe-t-il alors un espace où le mental continue son activité tandis que la conscience peut porter son attention ailleurs.

Quand le mental se pose, la conscience peut-elle aller plus loin ?

C’est cette possibilité que nous explorons avec Dis-Moi.

Le principe commence par un geste volontairement simple. Il n’est pas nécessaire de savoir ce que l’on va découvrir ni même de comprendre immédiatement pourquoi ce geste pourrait être utile.

Suivre une ligne sans avoir besoin de savoir pourquoi

Le doigt suit une ligne jusqu’à son centre.

Au début, une pensée peut apparaître très simplement :

« Pourquoi est-ce que je fais ça ? » « Ça n’a aucun sens. »

Elle n’empêche pourtant pas le geste de continuer.

Atteindre le centre et obtenir pourtant un résultat

Lorsque le pouce atteint le centre, celui-ci s’allume.

Quelque chose de très simple vient donc de se produire : le geste possède un début, une direction et un résultat.

Puis il peut recommencer.

Une contradiction apparaît alors. Le mental peut continuer à penser que l’exercice n’a aucun sens, tout en constatant qu’à chaque cycle son action aboutit à quelque chose de prévisible.

Continuer assez longtemps pour ne plus avoir à réussir

Après plusieurs passages, atteindre le centre n’est plus vraiment un problème à résoudre.

Le geste est connu. Le résultat aussi.

Il n’est plus nécessaire de chercher comment réussir. Le mouvement peut simplement continuer, cycle après cycle, jusqu’à devenir un point d’appui familier.

Et si une question pouvait alors être explorée autrement ?

C’est à cet endroit que l’expérience change.

Une question peut rester présente sans demander immédiatement une réponse.

Pendant que le mental dispose de son geste, la conscience peut porter son attention vers ce qui apparaît : une sensation, une image, un souvenir, une association ou parfois simplement rien pendant quelques instants.

Il ne s’agit plus nécessairement de chercher la bonne réponse.

Il s’agit d’observer ce qui devient accessible lorsque nous n’essayons plus de la fabriquer.

Le mental et la conscience n’ont peut-être jamais eu besoin de s’opposer

Nous pouvons facilement imaginer qu’il faudrait choisir entre réfléchir et ressentir, entre utiliser le mental et laisser davantage de place à la conscience.

Mais l’un n’a pas nécessairement besoin de disparaître pour que l’autre puisse agir.

Ils peuvent simplement intervenir à des moments différents de l’exploration.

La conscience explore ce que le mental ne connaît pas encore

Le mental s’appuie sur ses repères. La conscience peut porter son attention là où ces repères ne suffisent plus.

Elle n’a pas besoin de savoir à l’avance ce qu’elle va trouver. Elle peut observer une sensation, une image, une impression ou une direction avant même que nous sachions les expliquer.

Explorer commence alors par accepter qu’une partie de ce qui apparaît nous soit encore inconnue.

Le mental peut donner une forme à ce qui a été découvert

Ce qui apparaît pendant une exploration ne reste pas nécessairement vague.

Le mental retrouve ici toute son utilité. Il peut reconnaître un élément, le rapprocher d’une expérience, trouver les mots pour le décrire ou comprendre ce qu’il vient modifier.

Il ne produit plus nécessairement la découverte : il participe à son intégration.

Chaque découverte devient alors un nouveau repère

Ce qui était inconnu quelques instants auparavant peut rejoindre ce que nous connaissons.

Une perception devient compréhensible. Une direction devient plus claire. Une expérience peut être mémorisée et servir lors d’une exploration future.

Le mouvement peut alors recommencer :

Repère Exploration Découverte Intégration Nouveau repère

Traverser une barrière mentale ne signifie donc pas abandonner le mental. Il s’agit peut-être simplement de ne plus lui demander de connaître ce qui reste encore à découvrir.

La conscience peut explorer.
Le mental peut intégrer.

Et chaque nouveau repère peut, à son tour, devenir le point de départ d’une nouvelle exploration.

Personne utilisant Dis-Moi sur son téléphone avec un chemin coloré symbolisant le repère, l’exploration et la découverte.

Dis-Moi

Lorsque le geste ouvre un espace d’exploration

Dans Dis-Moi, le geste donne au mental un repère immédiat.

Un autre espace devient alors disponible. La question n’a plus besoin d’être poursuivie uniquement par le raisonnement. Elle peut rester présente tandis que la conscience porte son regard vers ce qui apparaît.

C’est ici que la pratique rejoint tout le chemin parcouru dans cet article : le mental dispose d’un repère pendant que la conscience explore ce qui n’en possède pas encore.

Une perception, une direction ou une compréhension peuvent alors apparaître. Le mental retrouve ensuite toute son utilité : il peut reconnaître ce qui a émergé, le formuler, l’intégrer et en faire un nouveau repère.

Dis-Moi devient ainsi un passage entre deux espaces qui peuvent fonctionner ensemble :

Le connu donne un point d’appui L’inconnu devient explorable Ce qui est découvert rejoint ce que nous connaissons

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