Femme dans un train explorant différents états de conscience, de l’absorption aux états plus profonds.

Les différents états modifiés de conscience : de l’absorption aux états profonds

Nous pouvons être simplement attentifs.

Puis être concentrés.

Puis tellement absorbés que le reste semble s’éloigner.

Le temps passe autrement. Le corps se fait plus discret. Les pensées ralentissent. L’expérience prend davantage de place.

Les états modifiés de conscience ne forment donc pas un interrupteur avec deux positions : ordinaire ou modifié.

Il existe des nuances.

Des formes différentes.

Et surtout, des profondeurs différentes.

On ne quitte pas forcément la conscience ordinaire d’un seul coup. On s’en éloigne souvent par degrés.

Nous ne sommes pas toujours dans le même état

De la simple attention à l’absorption

Regarder quelque chose demande de l’attention.

Être absorbé est différent.

Au début, nous sommes encore très présents à ce qui nous entoure. Nous entendons les bruits. Nous pensons à autre chose. Nous pouvons facilement déplacer notre attention.

Puis quelque chose nous prend davantage.

Un film devient captivant.

Une conversation nous emporte.

Un geste demande toute notre présence.

Le reste existe toujours, mais compte moins.

Plus l’absorption devient importante, plus certaines perceptions peuvent changer.

On s’oublie un peu.

On ne perd pas conscience.

La manière d’être conscient change.

Les états d’absorption : quand le reste s’efface un peu

Être complètement pris par quelque chose

Nous connaissons presque tous cette expérience.

Un livre devient tellement prenant qu’une personne doit nous appeler deux fois.

Une musique nous emmène ailleurs.

Un travail manuel absorbe toute notre attention.

Une conversation fait disparaître la notion du temps.

Le phénomène peut apparaître en créant, en faisant du sport, en contemplant un paysage ou simplement en réalisant quelque chose que l’on aime.

Nous restons là.

Mais notre attention s’est resserrée.

C’est l’une des formes les plus accessibles de l’absorption.

Le flow : quand on ne pense presque plus à ce que l’on fait

Le flow va encore un peu plus loin.

Le psychologue Mihály Csíkszentmihályi a utilisé ce terme pour décrire un état dans lequel une personne est profondément engagée dans une activité.

Le geste devient fluide.

L’action semble appeler naturellement la suivante.

On surveille moins ce que l’on fait.

On se regarde moins faire.

Le temps peut sembler accélérer.

Des musiciens, des sportifs, des artistes ou des personnes absorbées par leur travail connaissent bien cette sensation.

Ce n’est plus seulement :

« Je suis concentré. »

C’est plutôt :

« J’étais complètement dedans. »

Méditation et hypnose : quand l’état est recherché

La méditation : l’attention change de place

Avec la méditation, le changement n’arrive plus seulement par hasard.

On crée volontairement certaines conditions.

L’attention peut être portée sur la respiration.

Sur le corps.

Un son.

Une sensation.

Ou simplement sur ce qui apparaît.

Avec la pratique, le rapport aux pensées peut changer. Elles sont toujours là, mais on ne les suit plus nécessairement de la même manière.

Certaines méditations conduisent à une grande tranquillité.

D’autres à une attention très vive.

D’autres encore à des expériences plus profondes.

Il n’existe donc pas un état méditatif.

L’hypnose : entrer davantage dans l’expérience

L’hypnose utilise notamment la focalisation, l’absorption, l’imagination et la suggestion.

Et contrairement à une image encore très répandue, être hypnotisé ne signifie pas forcément dormir ou perdre le contrôle.

Une personne peut entendre ce qui se passe.

Comprendre ce qui lui est dit.

Répondre.

Et pourtant vivre certaines sensations très différemment.

L’attention accordée au monde extérieur peut diminuer pendant que l’expérience intérieure prend davantage de place.

Là encore, la profondeur varie.

Femme marchant sur une plage illustrant différentes perceptions lors d’états modifiés de conscience.

Entre l’éveil et le sommeil : une frontière étonnante

L’état hypnagogique

Nous l’avons rencontré dans l’article précédent.

Mais cette fois, regardons où il se situe sur notre carte.

L’état hypnagogique apparaît lorsque nous quittons progressivement l’éveil pour entrer dans le sommeil.

Les pensées deviennent plus libres.

Des fragments d’images apparaissent.

Parfois des sons.

Une sensation de chute.

Un mouvement imaginé.

Une scène qui commence puis disparaît.

Nous ne sommes déjà plus tout à fait dans notre état de veille habituel.

Et nous ne dormons pas encore complètement.

C’est un véritable entre-deux.

Le rêve lucide

Le rêve lucide nous emmène plus loin.

La personne dort.

Elle rêve.

Mais elle sait qu’elle est en train de rêver.

Cette lucidité peut être très légère ou devenir suffisamment importante pour permettre parfois d’agir volontairement dans le rêve.

C’est une situation étonnante.

Le monde vécu est celui du rêve.

Et pourtant, une forme de conscience de la situation demeure.

Quand l’état devient plus profond

Le corps, le temps et l’espace peuvent être vécus autrement

Lorsque certains états deviennent plus profonds, les changements peuvent toucher davantage que l’attention.

Le corps peut sembler extrêmement lourd.

Ou très léger.

Ses limites peuvent devenir moins nettes.

La perception du temps peut profondément changer.

Quelques minutes semblent longues.

Ou une heure paraît très courte.

Certaines personnes décrivent également des images intérieures particulièrement présentes, une impression d’espace plus vaste ou des expériences d’unité dans lesquelles la séparation habituelle entre soi et ce qui nous entoure semble s’atténuer.

À ce niveau, l’expérience peut devenir difficile à raconter.

Les mots habituels ne correspondent plus toujours exactement à ce qui a été vécu.

Les expériences hors du corps et autres états inhabituels

Il existe aussi des expériences plus rares.

Certaines personnes rapportent avoir eu la sensation de quitter leur corps ou de percevoir leur environnement depuis un autre endroit.

D’autres parlent d’expériences mystiques, d’unité profonde, de présence ou d’une conscience devenue beaucoup plus vaste.

Ces expériences sont rapportées dans différents contextes : sommeil, méditation, pratiques contemplatives, expériences de mort imminente ou explorations volontaires de la conscience.

On peut accueillir ces récits sans décider immédiatement de ce qu’ils signifient.

L’expérience vécue est une chose. Son interprétation en est une autre.

Cette distinction laisse justement de la place à l’exploration.

Peut-on parler de niveaux de profondeur ?

Il n’existe pas une seule échelle universelle

Il serait pratique de pouvoir écrire :

niveau 1, légère absorption.

niveau 5, hypnose profonde.

niveau 10, expérience mystique.

Mais les états de conscience ne se rangent pas aussi facilement.

Une méditation profonde n’est pas simplement une hypnose plus forte.

Un rêve lucide n’est pas une absorption poussée quelques niveaux plus loin.

Ce qui change n’est pas uniquement la profondeur.

C’est aussi la nature de l’expérience.

L’attention.

Le corps.

Le temps.

Les images.

Le sentiment de soi.

La relation à l’environnement.

L’idée de profondeur reste néanmoins utile lorsqu’on parle d’absorption : certaines expériences nous éloignent davantage que d’autres de notre fonctionnement habituel.

Les niveaux Focus du Monroe Institute

Robert Monroe a justement cherché à créer une cartographie permettant de repérer différents états rencontrés dans ses pratiques.

Le Monroe Institute utilise ainsi des Focus Levels.

Focus 10, par exemple, est présenté comme un état où l’esprit reste éveillé tandis que le corps est profondément détendu.

Focus 12 correspond, dans le système Monroe, à une conscience dite élargie.

D’autres niveaux accompagnent des explorations plus profondes.

Ces niveaux ne constituent pas une classification universelle de la conscience.

Ils appartiennent à la méthode développée par Monroe.

Mais l’idée est intéressante : apprendre à reconnaître différents états plutôt que de considérer toute expérience intérieure comme identique.

Et vous, jusqu’où êtes-vous déjà allé ?

Reconnaître plutôt que chercher une performance

Vous êtes-vous déjà tellement absorbé que vous n’avez plus vu le temps passer ?

Votre corps vous a-t-il déjà semblé très lourd ou très léger avant de dormir ?

Une musique vous a-t-elle déjà fait oublier momentanément ce qui vous entourait ?

Avez-vous déjà vu apparaître une image les yeux fermés sans avoir cherché à l’imaginer ?

Avez-vous déjà su que vous rêviez pendant un rêve ?

Ou connu quelques instants pendant lesquels le dialogue intérieur semblait presque disparaître ?

Il n’y a aucun score à calculer.

Ces questions montrent simplement une chose.

Certains états que l’on imagine lointains commencent dans des expériences très ordinaires.

Une attention qui se resserre.

Le corps qui se relâche.

Un mouvement qui se répète.

Le temps qui s’efface un peu.

Puis quelque chose change dans notre manière de percevoir.

Et c’est justement là qu’une autre question apparaît :

Peut-on apprendre à créer volontairement cet espace intérieur pour mieux écouter ce qui se passe en soi ?

C’est ce que nous explorerons dans le troisième article.

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